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SPC: une explication intuitive

Dans cet article, nous allons voir une explication intuitive ce qu’est le contrôle statistique des procédés – appelé en anglais SPC : Statistical Process Control.

Imaginez que vous êtes au travail le matin, et vous voyez votre collègue arriver. Au fil des jours et des mois, vous avez observé son comportement et vous en avez déduit qu’il arrive toujours entre 7h30 et 8h00 le matin.
C’est son habitude. Il y a une certaine variabilité, par exemple à cause de la circulation – ce qui fait qu’il arrive chaque jour plus ou moins tôt. Dans cet exemple, la plage de variabilité est de l’ordre de 30 minutes.
Le comportement normal de son processus « arriver au travail le matin », a donc une moyenne de 7h45 et une variation de +/- 15 minutes.

En SPC, les observations initiales servent de base pour déterminer le comportement normal d'un processus.

Détecter les situations anormales

Prenez un autre jour. Il est 8h40 et votre collègue n’est toujours pas arrivé. Ça va vous alarmer; vous allez vous dire que c’est pas dans ses habitudes. Il y a quelque chose de spécial; quelque chose d’anormal. Peut-être qu’il lui est arrivé un accident?

Quand il arrive enfin vers 8h45, vous lui demandez : qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Et peut-être qu’il vous répondra qu’il avait complètement oublié de faire le plein la veille, et qu’il y avait une longue file d’attente à la station-service ce matin-là.

Sans vous en rendre compte, vous avez fixé un seuil au-delà duquel la situation n’est plus normale.
En SPC, cela correspond à des limites de contrôles.
Comme ce jour-là vous observez une heure d’arrivée bien plus tardive que la limite supérieure de 8h00, vous vous inquiétez de la situation.

Une fois le comportement connu, on établit la limite de contrôle. Une observation au-delà de cette limite attire l'attention.

Différence entre limites de contrôle et spécifications

Disons maintenant que le règlement de l’entreprise précise que les employés doivent commencer à travailler au plus tard à 9h00 le matin. Votre collègue n’a pas enfreint le règlement. Il était simplement en retard par rapport à ses habitudes.
Ici, « arriver avant 9h00 le matin » est une spécification qu’il ne faut pas enfreindre. On voit donc qu’il y a une différence entre les limites de contrôle (il n’arrive jamais plus tard que 8h00) et les spécifications (les 9h00 du règlement).

La limite de contrôle et de spécification ne sont pas la même chose.

Le but du SPC est d’avertir qu’il y a un problème au niveau du processus avant de sortir des spécifications.

Dans le cas présent, votre collègue a oublié de faire le plein, ce qui a causé une anomalie que vous avez remarquée. Heureusement, il a quand même respecté ses engagements et on ne peut, au final, rien lui reprocher. Il a compris son erreur (il faut faire le plein la veille) et cet apprentissage lui permettra d’éviter que cette situation ne se reproduise.

Aussi pour les cas complexes

Dans cet exemple, je vous ai présenté la règle de surveillance la plus simple : quand on franchit la limite de contrôle. En fait, il existe une dizaine de règles différentes. Appelées « règles de Nelson », elles permettent de déceler des anomalies plus subtiles.

On peut aussi utiliser le SPC pour vérifier le comportement d’un ensemble d’éléments, comme un lot de production, par exemple. Dans ce cas, la manière de regrouper les éléments est très importante pour garantir une détection efficace des anomalies. Et de manière générale, il faut faire attention à la façon de créer et d’interpréter ces cartes de contrôle.

En guise de conclusion, je vous invite à être attentifs ces prochains jours. Essayez de remarquer autour de vous les opportunités pour mettre en œuvre cet outil très puissant.

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